Relationnel

Témoignage : comment survivre dans une entreprise à l’ancienne quand on est une assistante génération Y ?

29/10/2012

Stéphanie, une jeune femme de 28 ans, nous raconte ses difficultés d'adaptation dans un environnement de travail avec des procédures et un management à l'ancienne... Témoignage recueilli par Christine Harache.

Nous avons souvent évoqué les difficultés des managers à gérer leurs collaborateurs de la génération Y. La situation inverse n'a pas souvent été décrite. Et pourtant, elle existe : les représentants de la génération Y peuvent aussi rencontrer des difficultés d'adaptation à leur environnement professionnel. Pour exemple, voici l'expérience d'une jeune assistante de 28 ans que nous appellerons Stéphanie pour des raisons de confidentialité. Elle vient de connaître deux expériences professionnelles particulières :
- Au cours de la première, elle a dû faire face à un management autoritaire à l'ancienne ;
- Au cours de la seconde, elle a été confrontée à des procédures de travail à l'ancienne.
Ces deux situations ayant la même conséquence pour elle : la cantonner dans des tâches d'exécution peu intéressantes et peu motivantes.

> Un management à l'ancienne

La première entreprise décrite par Stéphanie est caractérisée une vision ancienne du rapport hiérarchique : le dirigeant commande et l'employé exécute sans avoir son mot à dire.

Ce qui entraine au quotidien :
Un management très autoritaire et ne laissant pas de place à l'expression des différentes personnalités qui composent les effectifs. Les collaborateurs avaient des personnalités extrêmement différentes, et aucun effort n'était fait pour les manager en fonction de ces critères.
Absence de délégation de la part du dirigeant qui par ailleurs se plaint d'être débordé.
Aucune communication, comme si le fait de transmettre les informations enlevait au dirigeant son pouvoir d'action...
• L'assistante est cantonnée dans des tâches d'exécution, quand il ne s'agit pas de services personnels.
Pas de possibilité d'être force de proposition ni de faire des remarques qui sont considérées comme des remises en cause de l'autorité du dirigeant.

Autre fait marquant, lors d'une série d'entretiens d'un dirigeant avec chacun des collaborateurs, Stéphanie a été la seule à qui il ait été fait état « d'une mauvaise ambiance ». Et la seule à qui il ait été demandé de faire des efforts pour y remédier et de « mettre son mouchoir » sur les choses qui pourraient lui déplaire.

Un membre de la génération Y ne conçoit pas les rapports hiérarchiques de cette manière. Pour lui, les rapports hiérarchiques sont plus égalitaires. La hiérarchie se justifie si elle est légitime, pas par son statut.

Cette vision du rapport hiérarchique a conduit Stéphanie à faire des remarques qui ont été mal prises et ont mené à la rupture.
Ainsi, quand le dirigeant a critiqué un choix fait par Stéphanie, elle a répondu du tac au tac : « Qu'est-ce que tu proposes ? Donne d'autres idées ! ». Autre exemple : à une demande de service personnel faite par le dirigeant, elle a répondu : « Je peux le faire, mais c'est mieux si on dit s'il te plait et merci ».
Remarques difficilement supportables pour un dirigeant de la part d'un employé.

> Des procédures de travail à l'ancienne

Stéphanie s'est demandé si elle ne rêvait pas quand elle est arrivée dans la seconde entreprise. Les procédures de travail étaient figées, version années 80, voire 70. C'est comme si l'ordinateur était resté à la porte de cette entreprise. Les plus expérimenté(e)s des assistant(e)s vont reconnaitre des façons de travailler qui vont leur rappeler des souvenirs.

- Le dirigeant n'a pas d'ordinateur personnel. Il faut lui imprimer ses mails. Il rédige les réponses à la main, Stéphanie les saisit et lui fait valider avant envoi. De la même manière, le dirigeant rédige ses (nombreux) textes à la main, Stéphanie les saisit et les fait valider, devant parfois les reprendre pour correction jusqu'à cinq ou six fois.

- L'absence d'archivage organisé des documents sur informatique oblige à multiplier les photocopies et les classements du même document dans différents classeurs.

- L'enregistrement du courrier départ et arrivée existe toujours. Il se fait à la main sur registre papier.

- La méconnaissance des possibilités des logiciels entraine une mauvaise utilisation, source de perte de temps. Par exemple, les -comptes rendus de réunions doivent être saisis sur Excel, ce qui complique le travail.

Stéphanie a l'impression de perdre son temps en activités à faible valeur ajoutée. Elle aimerait gagner du temps pour faire autre chose. Mais comment convaincre ses collègues de l'intérêt d'une utilisation efficace de l'informatique ?

> Comment voir le bon côté des choses ?

Pour Stéphanie, il ne faut pas renier ce genre d'expérience, il y a toujours quelque chose de positif à en tirer. Elle pense même qu'on peut aborder ce type d'expérience comme un challenge, voir jusqu'où on peut faire évoluer les choses.

- Premier acquis : en termes de connaissances de soi.
Stéphanie pense à la maxime « Connais-toi toi-même », car elle est confrontée à une forte remise en question de ses connaissances et de ce que elle estime (au vu de sa courte expérience) être irrationnel ou non, supportable ou non...

- Deuxième acquis : Stéphanie est en train d'acquérir des connaissances intéressantes pour sa carrière.
Elle se familiarise avec le métier de son entreprise, sa réglementation et ses particularités. C'est un atout pour la suite. Comme elle le dit : « il faut juste avoir la patience ».

- Troisième acquis : au niveau des relations humaines.
Stéphanie a le sentiment d'être capable d'identifier plus rapidement les personnes avec qui les choses seront difficiles par la suite. Être capable de les identifier rapidement permet de bien se positionner dès le départ et de mieux gérer la relation.

À vous la parole !
Avez-vous connu ce genre de situation ? Si oui, comment avez-vous réagi ? Avez-vous fait évoluer les choses ? Vous êtes-vous adapté ? Ou avez-vous quitté l'entreprise ?
Vos témoignages nous intéressent, écrivez-nous à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  

 

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  • Le 28/01/2014 à 10h10 par archizouzoute

    @Pauline Viviane : j'espère que vous avez pris la poudre d'escampette : la communication n'a jamais été le fort de cette entreprise on dirait<br /> Et de là à vous refuser l'accès à votre contrat de travail, là, c'est très louche !!!<br /> avez-vous eu votre exemplaire ? (il y en a toujours 2 : un pour l'employeur et l'autre pour vous-même) !<br /> <br /> quoiqu'il en soit : LA COMMUNICATION aide à décoincer les choses..... et à avancer, sinon.. ça coule !<br /> (prête à parier que les entreprises où la communication n'est pas de mise perdent de vitesse... coulent au bout d'un moment.... sinon végétent au mieux)

  • Le 01/08/2013 à 10h10 par Cassambre

    Ancienne intérimaire, j'ai souvent été confrontée à ces situations. Cela fait 4 ans que je suis en poste et je continue d'essayer de faire évoluer les méthodes et les relations de travail, mais il faut vraiment se battre, être patient.<br /> La tactique qui marche le mieux c'est de faire le travail tel qu'il est demandé et de proposer une version alternative plus pertinente. Parfois il faut un peu de temps pour que la question soit murie, mais souvent ça marche ! <br /> Depuis 4 ans, j'ai pu apporter beaucoup de changement sur mon poste et sur tout l'établissement même ! Le revers de la médaille quand la charge de travail est déjà importante, on a beau créer des process qui nous libèrent de certaines tâches, on se retrouve avec encore plus de travail maintenant que tout le monde connaît vos ressources !

  • Le 19/11/2012 à 14h02 par Valerie11306

    Je me reconnais totalement dans cet article ma vie au travail est résumée...

  • Le 09/11/2012 à 06h06 par Pauline Viviane

    C’est avec un immense plaisir que je vous fais part de mon expérience qui est en effet identique à celle de Stéphanie. Et je vous assure que c’est une coïncidence pour moi d’avoir reçu ce mail en cette période car je suis confrontée à cette situation en ce moment.<br /> <br /> Cela va bientôt faire 4 mois que je travaille dans cette société et j’ai l’impression de ne pas être réellement considérée comme une Assistante, mais plutôt comme un robot automatisé :<br /> -Je n’ai jamais été informée des détails d’un dossier en cours<br /> -Je dois uniquement me contenter d’exécuter des ordres sans connaître le pourquoi du comment<br /> -Je n’ai pas l’occasion de faire des propositions<br /> -Toutes les requêtes que je dépose au près de mon manager ne sont pas prises en considération <br /> -J’ai même solliciter un entretien de travail avec mon manager pour palier à toutes ces difficultés que je rencontre et qui sont le plus souvent la cause des erreurs que je commet dans l’exécution de mes tâches, mais en vain.<br /> -Je ne vais pas vous cacher que je n’ai même pas le droit d’avoir des informations sur mon propre contrat de Travail<br /> Bien entendu, je fais le maximum d’efforts pour être patiente en me disant qu’une occasion viendra pour que je puisse enfin palier à cette situation. Mais jusqu’à quand vais-je supporter cela ? <br /> Je vous assure que je me sens frustrée en permanence et même stressée à la longue, au point où j’arrive à douter de mes capacités, j’ai parfois l’impression de régresser au lieu d’évoluer dans mon travail.<br /> <br /> A la question de savoir si je vais partir de l’entreprise ou non, je dois dire que je n’ai pas encore pris une décision. Je suis en pleine réflexion en me disant que l’avenir me dira finalement ce que je dois faire. <br /> Je profite d’ailleurs de l’occasion pour vous demander Vos conseils qui pourront certainement m’aider à me décider.

  • Le 30/10/2012 à 15h03 par Yetty

    Je suis en plein dedans depuis 1 an et demi ! Je prends sur moi, j'essaye de garder patience dans l'attente d'une nouvelle opportunité d'emploi....

 
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de Marie-Julie

Assistante ADV Export - Kot Ceprodi

Kalligo est ludique, varié et international. Un fil entre les assistantes lu jusqu'à Tahiti. Bonjour Giani !